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4 octobre 2026 · Activités à la maison

Le jeu des vingt questions : comment une machine élimine

Le jeu des vingt questions se joue partout, en voiture comme à table. Avec deux ajustements, il devient l’une des meilleures façons d’expliquer comment une machine réduit les possibilités — et où elle échoue.

Le jeu de base

Quelqu’un pense à un objet. Les autres posent des questions auxquelles on ne répond que par oui ou non, et doivent trouver en vingt questions. Dès 6 ans.

Premier ajustement : compter ce qui reste

Après chaque question, demandez : « Combien de choses restent possibles, à peu près ? » Les enfants découvrent vite la différence entre deux types de questions :

C’est la notion la plus utile du jeu, et elle sert bien au-delà de l’informatique : une bonne question est une question qui coupe en deux. Un enfant qui a compris cela pose de meilleures questions partout, y compris à ses professeurs.

Deuxième ajustement : l’objet qui n’est dans aucune case

Pensez à quelque chose qui résiste aux catégories : une ombre, un souvenir, le silence, une habitude. Laissez les questions s’enchaîner.

« Est-ce que c’est vivant ? » — non. « Est-ce que ça se touche ? » — non. « Est-ce que c’est un objet ? » — non. Les joueurs s’agacent, puis finissent par proposer n’importe quoi plutôt que de dire qu’ils ne trouvent pas.

C’est le moment : « Vous venez de faire ce que fait une IA quand elle ne sait pas. Elle propose quand même. »

La version écrite, pour les plus grands

À partir de 10 ans, faites noter l’arbre des questions sur une feuille : chaque oui et chaque non ouvre une branche. En dix minutes, les enfants dessinent sans le savoir un arbre de décision — l’un des procédés les plus utilisés en apprentissage automatique, et l’un des rares qu’on peut lire entièrement.

Comparez alors avec l’activité de la boîte noire : ici, on voit tout le chemin ; là, on ne voit rien. Les deux existent dans les systèmes réels, et ce n’est pas la même chose de contester l’un ou l’autre.

À retenir

Une bonne question coupe le possible en deux. Et quand la réponse n’est dans aucune case, on propose quand même — c’est humain, et c’est exactement le défaut qu’on reproche aux machines.

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