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29 octobre 2026 · Questions de parents

L’école de mon enfant utilise une IA : les questions à poser à l’enseignant

Un mot dans le cahier de liaison, une phrase lâchée au dîner, et la question arrive : l’école se sert-elle d’une intelligence artificielle avec les élèves, et dans quelles conditions ? Depuis juin 2025, la réponse n’est plus laissée à l’appréciation de chacun. Le ministère de l’Éducation nationale a publié un cadre d’usage de l’IA en éducation qui fixe ce qui est permis, à quel niveau de classe, et avec quelles précautions.

Ce document est public. Le parcourir prend une vingtaine de minutes, et il donne de quoi tenir une conversation précise avec un enseignant ou un chef d’établissement, sans soupçon et sans procès. Voici ce qu’il prévoit, puis six questions à poser.

Ce que le cadre autorise, niveau par niveau

La règle n’est pas la même en CE2 et en terminale. Le cadre distingue trois moments, et place la première manipulation d’une IA générative par les élèves plus tard qu’on ne l’imagine souvent.

NiveauUsage d’une IA générative par les élèvesFormation prévue
École, premier degréPas de manipulation directe par les élèves ; sensibilisation aux principesNon prévue à ce stade
Collège, avant la 4eUsage en classe non prévuNon prévue à ce stade
Collège, à partir de la 4eUsage pédagogique encadré, limité, expliqué et accompagné par l’enseignantFormation obligatoire au moins en 4e, via Pix
LycéeUsage autonome possible, dans un cadre d’apprentissage défini explicitement par l’enseignantFormation obligatoire en 2de et en 1re année de CAP, via Pix

Autrement dit, si votre enfant est en CM1 et rentre en expliquant qu’il a « posé des questions à l’IA » en classe, il y a matière à demander des précisions. Il peut s’agir d’une démonstration faite par l’enseignant devant le groupe, ce qui est autre chose qu’un usage par les élèves eux-mêmes.

Deux règles qui protègent directement votre enfant

Deux points du cadre méritent d’être connus de tous les parents, parce qu’ils tranchent des situations concrètes.

Dans le même document, la fraude est définie sans ambiguïté : faire réaliser tout ou partie d’un devoir par une IA générative, sans autorisation explicite et sans travail personnel d’appropriation, constitue une fraude. La frontière ne passe donc pas par l’outil employé, mais par l’autorisation donnée et par le travail que l’élève a réellement fourni.

Six questions à poser à l’enseignant

Ces questions tiennent dans cinq minutes de rendez-vous ou dans un message court. Elles portent sur l’organisation, jamais sur les intentions.

  1. Quel service, et sur quel compte ? Un compte de l’établissement, un compte enseignant projeté au tableau, ou un compte par élève ? La réponse change tout, et le troisième cas sort du cadre.
  2. À quel moment du travail l’IA intervient-elle ? Avant la rédaction, pour chercher des idées ? Pendant, comme aide à la reformulation ? Après, comme relecture ? Un même outil ne produit pas les mêmes effets selon le moment.
  3. Qu’est-ce qui est attendu de mon enfant en propre ? Demandez la formulation exacte retenue par l’enseignant : la part personnelle attendue est ce qui sépare l’aide de la fraude.
  4. Quelles informations sont saisies ? Le cadre demande aux enseignants de ne saisir que des données publiques, des ressources libres ou des données anonymisées. Un prénom, une copie entière, une situation familiale n’ont pas à être transmis.
  5. Comment un travail suspect est-il traité ? Puisque les détecteurs sont écartés, quelle est la procédure retenue ? Un entretien avec l’élève, une reprise orale du devoir, une nouvelle production en classe sont des réponses solides.
  6. Y a-t-il un retour aux familles ? Une note dans le cahier de liaison en début de séquence évite la plupart des malentendus et permet d’en reparler à la maison le soir même.

En dehors de l’école : les repères d’âge

Le cadre scolaire ne dit rien de ce qui se passe à la maison. Trois repères s’appliquent alors, et ils sont souvent confondus.

Un point de vocabulaire, pour éviter une erreur répandue : la France ne reconnaît pas de « majorité numérique » à 15 ans. La CNIL indique au contraire que les textes ne consacrent pas de majorité numérique globale à cet âge, et qu’un mineur n’est pas pour autant habilité à s’inscrire seul sur un service en ligne (recommandation sur la capacité d’agir des mineurs en ligne).

Ce que vous pouvez préparer à la maison

Un enfant à qui l’on a expliqué, avant la classe, comment ces outils produisent une réponse arrive avec de bonnes questions au lieu d’une fascination muette. Cela n’exige ni matériel ni écran : quinze minutes autour de la table suffisent à poser l’essentiel.

Nos activités sans écran sont conçues pour cela, et le parcours Curieux aborde les premiers principes pour les 3-7 ans, sans aucun appareil. Pour les plus grands, reprenez avec eux les six questions ci-dessus : savoir ce que l’école autorise fait partie de ce qu’un élève gagne à connaître.

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