| Durée | 40 minutes |
| Format | Seul · avec écran |
| Matériel | Un téléphone, deux assistants IA différents si possible |
Ce qu’on veut obtenir à la fin
- Comprendre le principe de prédiction du mot suivant, sans métaphore mystique.
- Savoir ce qu’est une date de fin d’entraînement et pourquoi elle change tout.
- Distinguer un modèle seul d’un modèle branché sur une recherche web.
Déroulé
L’expérience du clavier (5 min)
Sur un téléphone, écris le premier mot d’une phrase puis accepte uniquement les suggestions du clavier, une quinzaine de fois. Le résultat est grammaticalement correct et complètement creux. Un grand modèle de langage fait la même chose : il prédit la suite. La différence tient à la quantité de texte appris et à la longueur du contexte pris en compte — pas à la nature de l’opération.
Ce que l’échelle change (10 min)
En apprenant à prédire sur des quantités de texte gigantesques, le modèle finit par capturer des régularités : la grammaire, les faits qui reviennent souvent, les styles, la structure d’un raisonnement. D’où l’impression très forte qu’il comprend. Mais l’objectif de la machine reste la vraisemblance, jamais la vérité. Ce sont deux choses différentes, et elles coïncident souvent — ce qui rend l’écart d’autant plus difficile à repérer.
La date de fin d’entraînement (10 min)
Demande à l’outil un événement de la semaine dernière. Deux cas. Soit il a une recherche web branchée : il cite des liens, que tu peux ouvrir. Soit il n’en a pas : il refuse, ou bien il invente. Apprends à reconnaître lequel des deux tu utilises — c’est la question la plus utile à se poser devant un outil inconnu.
La variabilité (5 min)
Ferme la conversation, repose exactement la même question trois fois de suite. Les réponses diffèrent. Ce n’est pas une base de données : le même mot en entrée ne donne pas le même mot en sortie.
Ce que ça implique concrètement (10 min)
Bon pour : reformuler, structurer, expliquer autrement, produire des variantes, repérer ce qui manque dans un texte. Mauvais pour : les chiffres précis, l’actualité, les références bibliographiques, tout ce qui doit être exact du premier coup.
Activité
Le duel
Pose la même question factuelle à deux outils différents. Note les deux réponses, puis vérifie sur une source de référence. Écris en trois lignes ce que tu en conclus. Cette page est la première du journal de bord.
Le piège à éviter. Le vocabulaire. « Il pense », « il comprend », « il sait » : chacun de ces verbes t’amène à baisser la garde. Prends l’habitude de dire « il produit ». C’est moins élégant et beaucoup plus juste.
Ce qu’on retient
- Le mécanisme est la prédiction, pas la consultation d’une base de vérités.
- Vraisemblance et vérité ne sont pas la même chose.
- Toujours savoir si l’outil qu’on utilise a une recherche web branchée ou non.
Pour vérifier
- Pourquoi une IA peut-elle donner une réponse fausse sur un fait très simple ?
Corrigé : Parce qu’elle produit la suite la plus probable ; si le fait est rare ou ambigu dans ses données, le plus probable n’est pas le vrai. - Comment savoir si l’outil a accès au web ?
Corrigé : On lui demande une information très récente : soit il cite des liens vérifiables, soit il annonce sa limite, soit il invente. - Deux réponses différentes à la même question : est-ce un bug ?
Corrigé : Non. La génération est variable par construction.
Dernière révision : 6 septembre 2026