Fabriquer une image truquée de quelqu’un ne demande plus aucune compétence. Cela arrive aujourd’hui dans des collèges et des lycées, et les personnes visées se croient souvent responsables de ce qui leur arrive. Il faut le dire nettement : celui qui fabrique ou diffuse une image truquée d’une autre personne est le seul fautif, et la loi française le considère comme tel.
Les gestes, dans l’ordre
- N’y va pas seul
Préviens un adulte le jour même : un parent, un professeur, le CPE, l’infirmière scolaire. C’est le geste qui change le plus de choses, et c’est le plus difficile à faire. Rien de ce qui suit ne se mène seul.
- Conserve les preuves avant de demander le retrait
Captures d’écran avec la date visible, adresse de la publication, nom du compte. Ne supprime rien de ton côté. Un contenu retiré sans preuve conservée devient très difficile à faire sanctionner.
- Signale sur la plateforme
Tous les grands réseaux ont une procédure pour les contenus mettant en scène une personne sans son accord, et elle est plus rapide pour les mineurs.
- Appelle le 3018
C’est le numéro national, gratuit et confidentiel, contre le cyberharcèlement et les violences numériques, géré par l’association e-Enfance. Il existe aussi en application et par messagerie. Les équipes savent obtenir des retraits rapides auprès des plateformes : c’est leur métier.
- Signale le contenu à l’État
La plateforme officielle de signalement des contenus illicites (PHAROS, sur internet-signalement.gouv.fr) reçoit ces signalements. Et vous pouvez déposer plainte au commissariat ou à la gendarmerie — cela ne dépend pas de l’âge de l’auteur.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- Répondre publiquement ou te justifier dans les commentaires : cela donne de la visibilité au contenu.
- Diffuser l’image, même pour la dénoncer — y compris à des amis. La partager, c’est la propager.
- Négocier seul avec la personne qui l’a publiée.
- Attendre que ça passe. Les retraits sont bien plus rapides quand ils sont demandés tôt.
Si c’est quelqu’un de ton entourage qui est visé
Ne transfère pas. Dis-lui que tu l’as vu, propose de l’accompagner chez un adulte, et fais une capture d’écran pour elle si elle n’y a pas accès. Un témoin qui agit vaut plus que dix personnes qui s’indignent.
Et si c’est toi qui as été tenté d’en fabriquer une : c’est une infraction, pas une blague, et elle est poursuivie. Le fait que l’image soit fausse n’est pas une excuse — c’est l’élément constitutif.
Tu n’y es pour rien. Préviens un adulte le jour même, garde les preuves avant de demander le retrait, et appelle le 3018 — c’est gratuit, confidentiel, et ils obtiennent des retraits que l’on n’obtient pas seul.
- Images et vidéos truquées — comprendre comment elles sont fabriquées.
- Données personnelles — limiter ce qui circule de soi.
- Le guide des parents — à montrer aux adultes de la maison.
- Le laboratoire — pourquoi on ne reconnaît pas un trucage à l’œil.
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