Tout ce qu’on écrit à une IA part sur les serveurs d’une entreprise. Les enfants le savent rarement, et les adultes l’oublient vite. Le problème n’est pas tant la grande confidence que la série de petits détails qui, mis bout à bout, dessinent une personne précise.
Ce qui part sans qu’on y pense
- Le nom de l’établissement, glissé dans une demande d’aide aux devoirs.
- Le prénom du professeur, celui des camarades, celui des frères et sœurs.
- Une photo de copie ou de carnet — avec le nom, la classe, parfois une appréciation.
- Le quartier, le club de sport, les horaires : « je rentre seul du foot le mardi à 18 h ».
- Un brouillon personnel donné à corriger, qui raconte une dispute, une peine, une santé.
- Une photo de groupe : des visages d’enfants dont les parents n’ont rien demandé.
Chacun de ces éléments paraît anodin. Ensemble, ils donnent l’âge, l’établissement, la ville, l’entourage et les habitudes d’un enfant identifiable.
La règle à faire comprendre
Une formule marche bien avec les enfants : « Est-ce que tu l’écrirais sur une affiche dans le hall du collège ? » Si la réponse est non, ça ne va pas dans la conversation.
Elle a l’avantage de ne demander aucune notion technique. Elle remplace une explication sur les serveurs, l’entraînement et les durées de conservation — explications qu’on peut donner plus tard, et qui ne changeront pas le comportement autant que cette image-là.
Ce qui reste à la maison
Jamais dans une conversation avec une IA
- Nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, courriel.
- Le nom de l’école ou du collège, et celui des professeurs.
- Les photos où apparaissent des visages — le sien, ceux des autres.
- Les documents scolaires nominatifs : copies, bulletins, carnets.
- Tout ce qui touche à la santé : la sienne, celle d’un proche.
- Les mots de passe et les identifiants, pour quelque raison que ce soit.
- Ce qui concerne une autre personne et qui ne lui appartient pas.
Comment poser la question sans l’identité
La plupart des demandes fonctionnent aussi bien sans le moindre détail personnel. Comparez :
- « Ma prof de maths au collège Jean-Moulin m’a donné cet exercice… » devient « Voici un exercice de 4e sur les fractions… »
- « Voici la photo de ma copie » devient « Voici l’énoncé recopié à la main » — et le nom reste en dehors.
- « Mon frère Youssef a 7 ans et il… » devient « Un enfant de 7 ans… »
La réponse est strictement la même. C’est ce qui rend la règle facile à tenir : elle ne coûte rien.
Trois réglages à vérifier une fois
- Dans les réglages de l’outil, cherchez l’option qui concerne l’utilisation des conversations pour améliorer le service. Elle existe souvent et se désactive.
- Regardez s’il est possible de supprimer l’historique, et faites-le avec l’enfant une première fois, pour qu’il sache où c’est.
- Vérifiez si le compte utilisé est le vôtre ou le sien : un compte d’adulte prêté mélange deux historiques.
Le risque ne vient pas d’un grand secret livré d’un coup, mais d’une accumulation de détails ordinaires. La question « l’écrirais-tu sur une affiche dans le hall du collège ? » règle à elle seule la plupart des cas.
- Données personnelles et IA — la page complète, pour toute la famille.
- Le laboratoire — l’atelier du tri des données, gratuit.
- La charte familiale — l’engagement n° 3 porte exactement là-dessus.
- Images et vidéos truquées — pourquoi les photos méritent une règle à part.
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