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Une conversation avec un service en ligne n’est pas l’équivalent d’une pensée écrite dans un carnet personnel. Ce que vous tapez part sur un serveur, qui ne vous appartient pas, dans un pays qui n’est pas forcément le vôtre, et sous des conditions d’utilisation qui peuvent changer.
Cela ne veut pas dire qu’il faut s’en méfier de tout. Cela veut dire qu’il existe une frontière, et qu’elle mérite d’être explicite — surtout si des enfants utilisent ces outils à la maison.
Deux colonnes, et la frontière entre les deux
Généralement acceptable
- une question générale ;
- un texte fictif ;
- un exercice anonymisé ;
- une recette ;
- une idée de voyage sans données sensibles ;
- une demande de définition ;
- un texte public, déjà publié.
À anonymiser ou à éviter
- nom complet ;
- adresse ;
- informations médicales ;
- informations bancaires ;
- mots de passe ;
- pièce d’identité ;
- document professionnel confidentiel ;
- informations privées concernant un enfant ;
- données d’une personne qui n’a rien demandé.
Si l’information permet d’identifier une personne, ou pourrait lui porter préjudice si elle devenait publique, ne la transmettez pas sans raison valable.
La ligne qu’on oublie le plus souvent : les données des autres
Pour ses propres données, chacun décide. Pour celles d’un tiers, personne n’a donné son accord. Coller le courriel d’un collègue, le bulletin scolaire d’un enfant, le compte rendu médical d’un parent ou la conversation privée d’un ami, c’est transmettre les informations de quelqu’un qui n’était pas dans la pièce.
C’est le cas le plus fréquent et le moins visible, parce qu’il n’a pas l’air d’un risque : on veut juste un résumé.
Comment anonymiser, concrètement
Dans la plupart des cas, on n’a pas besoin de renoncer : il suffit de retirer ce qui identifie.
- Remplacez les noms par des rôles : « le client », « l’élève », « mon collègue ».
- Retirez les adresses, numéros, identifiants de dossier et numéros de compte.
- Arrondissez ou décalez ce qui n’a pas besoin d’être exact : une date de naissance devient un âge, une adresse devient une région.
- Pour une image ou un document scanné, masquez les zones identifiantes avant l’envoi — pas après.
- Demandez-vous ce qui reste utile à la demande. Souvent, presque tout : une lettre de réclamation se corrige très bien sans le vrai numéro de contrat.
Et pour les enfants
Un enfant ne mesure pas ce qui est identifiant. Le prénom de son école, le nom de son club, la rue de la boulangerie, la maladie de sa grand-mère : tout cela lui paraît anodin. La règle qui fonctionne à la maison est plus simple que la nôtre : on ne raconte pas sa vie à une machine, et en cas de doute on demande à un adulte.
En France, l’âge du consentement numérique est de 15 ans (article 45 de la loi Informatique et Libertés) : en dessous, c’est le titulaire de l’autorité parentale qui autorise le traitement des données de l’enfant. La CNIL publie des repères sur ce sujet, et c’est la source à consulter plutôt que n’importe quel article de seconde main.
Essayer l’atelier « tri des données »
Sans compte. Sans carte bancaire.
- Le guide des parents — le réflexe n°3, et comment le transmettre.
- Comprendre l’IA à son rythme — les arnaques à la voix imitée et ce qu’il ne faut jamais transmettre.
- Le glossaire — donnée personnelle, donnée sensible, anonymisation, confidentialité.
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